Vous prenez une ville normale qui « passe » un jour à gauche plus ou moins au gré d’un concours de circonstances favorables (contexte au moment du scrutin – le président et l’assemblée sont de droite – ou multiplication des candidatures à droite avec triangulaire).

Durant les deux premiers mandats, la droite espère renverser la vapeur le coup d’après. Mais si le maire de gauche nouvellement élu sait faire parler de la ville (une ou deux manifestations culturelles relayées par la bobocratie médiatique complaisante qui font parler de la ville à la TV et rencontrer des gens z’importants aux habitants), c’est compliqué. Si aucun politique charismatique de droite s’intéresse à la ville, considérez la comme fichue.

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Pourquoi ?

Parce que si la ville semble prospérer au début, la droite se prend des râteaux aux élections suivantes et cela laisse le temps à la gauche de mettre en place le dispositif d’incrustation à très long terme. Sachez le, ça peut durer 100 ans et plus, car au delà nous n’avons pas de statistiques.

Car, quand le réel commence à rattraper la « bisournourssie » tartuffe de la gauche la plus obtuse, une seule solution pour se voiler la face et rester en place : se fabriquer un électorat solide aux frais des contribuables captifs à savoir ceux qui paient les impôts locaux.

Pour ce faire il n’y a pas trente six solutions : gîte et couvert pour un noyau dur de supporters dont la nébuleuse sera suffisante pour faire pencher la bascule électorale au bon moment. Donc, les logements sociaux pour le gîte et les emplois pour le couvert (le miammiam quoi). Ces emplois, ça va sans dire doivent être attractifs, assurés dans leur pérennité, stable et sympas, entendez par là … à l’utilité incertaine ( fonctionnaires municipaux, genre communicants, assistante de ceci ou cela… )…. Pour un mec servi ça fait au moins 3 voix (le conjoint et les gosses en âge de voter), parfois 5 quand il y a des papis et mamies à faire voter le jour J ( c’est souvent un jour où les vieux esseulés sont choyés). A cela il faut ajouter pour les « clients » les plus primaires, les rôles de « gros bras » pour les campagnes électorales, garniture des rangs d’une salle de réunion, claque, et aussi parfois, « pressions » sur les citoyens qui croient encore une alternance démocratique possible si les résultats sont serrés…. A quelques voix près, une petite « erreur bien-encontreuse » peut avoir de lourdes conséquences, et comme à gauche on est dans le camp du bien, on ne se pose pas trop de questions…Gare aux curieux qui regarderaient de trop près un dépouillement serré. La réélection du Maire c‘est important non, surtout si le Maire a promis d’embaucher fifille au diplôme improbable … après sa réélection, ça motive.

Tout ceci a un coût.

Les contribuables assujettis à l’impôt sur le revenu paient la taxe locative et celle-ci devient de plus en plus lourde. Avec de nombreux logements sociaux dont l’effet se conjugue avec un début de déclin économique (la gauche a le chic pour faire fuir les entrepreneurs dynamiques), les assujettis sont de moins en moins nombreux et donc de plus en plus taxés. Et ce d’autant plus que les classes moyennes commencent à aller s’installer hors de la commune. En effet, si la ville est ancienne avec un espace classé, il y a peu d’espaces constructibles. Ajoutez à cela depuis 2000 l’inénarrable loi SRU, obligeant à la mixité dans les immeubles et faisant payer aux acquéreurs privés le surcoût des logements sociaux. Résultat, seules les classes moyennes supérieures peuvent partager avec les occupants des logements sociaux la « chance » d’habiter la ville. (la « chance » c’est ce qui est écrit dans les multiples revues gratuites distribuées par la Mairie, réalisées par les communicants embauchés par monsieur le Maire dont la photo figure à toutes les pages, bande de veinards).

Nous voilà au clivage, quand les classes moyennes inférieures fuient et que le rapport plus ou moins riches à plus ou moins pauvres passe du 50/50 au 40/60. Le rapport gauche droite aussi mais pas pour les mêmes raisons. Les plus aisés s’arrangent plus ou moins avec la municipalité, renonçant à présenter des ambitions politiques et seules votent encore à droite les classes moyennes supérieures…. la minorité défavorisée idéologiquement « de droite » ne vote plus… la droite classique l’écoeure, le FN fait de la figuration… (candidats inconnus, pas de campagnes, ce parti ne peut exister que là où on ne peut agresser physiquement ses représentants impunément à savoir sur les plateaux TV).

Là, la gauche est installée à vie et il faut s’estimer heureux si cela ne s’aggrave pas. Si la ville a encore un peu de prestige, cela peut durer un certain temps comme c’est le cas pour Paris. Mais cela peut aller encore plus loin. Les cons ça ne s’arrête jamais.

S’il y a début de paupérisation de la population, qui parfois se conjugue avec l’afflux de population déshéritées dont la visibilité s’accroît, les classes sociales encore aisées commencent à s’arracher du coin (En France il reste encore des coin sympas). Entre temps, en bon maire de gauche, l’édile a quand même tenté de pousser les importuns qui marquent mal le décor dans les communes de la communauté d’agglomération mais ça grince des dents et c’est de plus en plus dur.

C’est là que ça chute et vite….Les vrais riches quittent les lieux. Même s’ils ne peuvent vendre au moins ne paient-ils plus le locatif devenu insoutenable. Ils rachètent ailleurs et leurs maisons vides sont vite squattées. Seules les classes moyennes intermédiaires sont coincées ne trouvant plus à vendre…… Qui viendrait s’installer dans une ville aux façades négligées et couvertes de tags, aux rues sales, et dont les impôts crèvent les plafonds. Il faudrait changer de politique mais les classes moyennes qui voteraient différemment sont parties. Les plus modestes, même conscients de l’arnaque « de gôche » ne vont même plus voter, sauf les clients du Maire…. Et si ceux-ci ne sont pas assez nombreux, on pense à faire voter les Etrangers que la Mairie accueille souvent à bras ouverts……Quand certains activent la planche à billets, d’autres fabriqueraient bien à l’infini leurs électeurs…

Et pendant ce temps, les médias pointent du doigt les municipalités « égoïstes » qui ne construisent pas assez de logements sociaux, refusent d’accueillir toute la misère du monde, mais où les impôts locaux sont supportables, les rues propres, les façades mises en valeur, les loyers abordables et où des start-up s’installent, payant la taxe professionnelle et donnant du travail aux jeunes diplômés.

C’est bon d’être un salaud de droite… 

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